Le Vin Devant Soi

04 juillet 2014

Brad Pitt et Angelina Jolie au Vin Devant Soi

On y a cru jusqu'au bout mais ils ne sont pas venus, trop à faire avec leurs six enfants, la réfection de leur domaine à Correns, la préparation de leur mariage, la mission humanitaire pour madame et les quelques autres broutilles cinématographiques pour Monsieur. Mais quand bien même, François Dissaux, de la maison Perrin, est venu nous présenter les cuvées Miraval "mises en bouteilles par Jolie-Pitt et Perrin". On connaissait bien le rosé, deuxième millésime du nom, on connaissait moins le brillant blanc Coteaux Varois tout de rolle vêtu et la nouveauté, le Côtes de Provence blanc, un vin complexe aux effluves d'agrumes, légèrement boisé et gras en bouche. En attendant de goûter au "meilleur rouge de Provence" que veut réaliser l'ami Brad dans les sept prochaines années, nous avons tenté le Miraval rouge old style 2008, avec de la syrah et du cab dans la panse. pas mal, pour qui aime le chêne... Belle soirée, surtout pour Marion qui remporte le Jéroboam de Miraval. Bel été à tous !

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19 mai 2014

St Préfert a 10 ans. C'est la fête !

10 ans qu'Isabelle Ferrando, banquière de son état, s'est lancée dans l'aventure vigneronne à Châteauneuf-du-Pape. Ayant appris auprès des plus grands, dont le pape en personne Henri Bonneau, elle a installé en quelques années seulement le domaine Saint-Préfert en haut de l'affiche. Pour fêter cet anniversaire, Isabelle a convié quelques vignerons de ses amis (Vincent Avril, Claire Michel, Jacques Devaux, Eric de Saint-Victor et d'autres) pour un "blind test" sur tous ses millésimes.
Grands moments de partage et de convivailité qui se sont terminés autour d'un agneau grillé et au son de guitares gypsies.

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27 mars 2014

Domaine Giraud, au bonheur du grenache à Châteauneuf-du-Pape

François et Marie Giraud sont aujourd'hui à la baguette d'un superbe domaine de 18 hectares, dont 8 d'un seul tenant sur le quartier des Gallimardes. Mais les raisins, principalement des grenaches, proviennent aussi de La Crau, de Pignan et des Terres Blanches, des lieux-dits prestigieux où naissent les grands Châteauneuf.
Goûtez le Tradition, les Gallimardes et surtout les Grenaches de Pierre : des vins fins et soyeux qui flattent le palais et donnent envie d'y revenir. Les Giraud ? Des vignerons simples et travailleurs, loin du showbiz châteauneuvois, qui parlent peu mais font chanter les verres...

Domaine Giraud, au bonheur du grenache à Châteauneuf-du-Pape

 

 

 

21 mars 2014

Le Domaine de l'Arlot (Nuits-Saint-Georges) en dégustation au Vin Devant Soi

Nous avons récemment reçu Jacques Devaux, le directeur technique du Domaine bourguignon de l'Arlot, pour une très belle dégustation de pinots noirs en provenance de Nuits-Saint-Georges. Côtes de Nuits Villages, Nuits Saint-Georges et Vosne-Romanée poru finir ont éclairci nos papilles habituées à notre bon vieux grenache. Une belle incursion bourguignonne au pays des Côtes du Rhône.

Les vins du domaine de l'Arlot au Vin Devant Soi

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20 mars 2014

La Table Ronde d'Orange se challenge au Vin Devant Soi

Les membres éminents de la Table Ronde d'Orange, confrérie bacchique pour le meilleur et pour le rire, sont venus au Vin Devant Soi participer à une dégustation à l'aveugle d'envergure. Regroupés en trois équipes, les joyeux dégustateurs devaient reconnaître Les Rouliers d'Henri Bonneau, Le Domaine du Gros Noré 2009 (Bandol), Le Domaine de l'Horizon 2009 (Côtes Catalanes), Syrahdictive du Domaine des Masques 2010 (Provence), Le Pradel du Domaine de la Terrasse d'Elise (Languedoc) et Le Joyau 2007 du Château Le Queyroux (Côtes de Blaye). Parmi les testeurs, nous citerons les envoyés spéciaux du Château de Beaucastel et du Vieux Télégraphe qui nous ont rappelé que l'humilité était le privilège des vignerons.
Qui a gagné ? Le vin, bien sûr !

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19 mars 2014

Le Domaine de la Mordorée en dégustation au Vin Devant Soi

Nous avons reçu récemment Fabrice Delorme, l'un des deux frères vignerons du Domaine de la Mordorée à Tavel. Célèbre pour ses rosés mais surtout pour ses Chateauneuf-du-Pape, cette maison compte parmi les fleurons de la Vallée du Rhône méridionale.

Ils sont deux, deux frères et comme souvent, deux êtres très différents. Christophe est l’homme de la terre. Le paysan, qui connaît chacune de ses vignes et de ses grappes. Et puis il y a Fabrice. Moins dans les courants d’air, c’est un homme de lettres qui apprécie aussi les délices d’Epicure. Ensemble, il forment depuis 1999 le tandem gagnant du Domaine de la Mordorée, une propriété de 60 hectares situées à Tavel. Présents sur trois terroirs sudistes, ils produisent l’un des plus fameux rosés des Cotes du Rhône mais aussi de remarquables Lirac souvent primés dans les classements annuels. Enfin, depuis 1989, il sont propriétaires d’une parcelle de Châteauneuf-du-Pape qu’ils bichonnent plus que tout autre.
Christophe et Fabrice font du vin. Ça, c’est le résultat. Mais avant, que de réflexions et d’efforts pour produire le meilleur raisin, un raisin sain qui ne connaît pas la chimie, né sur une terre grouillante de vie, en pleine forme, capable de surmonter des années de déluge comme des millésimes de canicule. Christophe et Fabrice n’aiment pas les modes. Ils n’aiment pas sacrifier au goût universel pour plaire à tel ou tel dans l’espoir de vendre plus. Leurs vins ont le goût des terroirs où ils sont nés et le rôle du vigneron est d’en sublimer le caractère. En cave, ils ne laisseraient personne leur dicter une ligne de conduite. Ils font le vin qui leur plaît, un vin concentré gorgé de fruit, déjà délicieux à sa sortie et qui se gardera longtemps, pour les patients qui veulent en apprendre plus sur la complexité des terroirs.
Tavel, Lirac, Châteauneuf, trois crus pour un seul domaine, qui fait partie, d’après Robert Parker, des 157 meilleurs domaines du monde.

Au menu de la dégustation : Tavel Dame Rousse 2012 et Tavel Reine des Bois 2008, Lirac blanc 2012 et 2004, Lirac rouge 2011 et 2004. Clôture avec le Châteauneuf 2011 et le 2003. Pour chaque cuvée, nous avons fait la balance avec un millésime plus ancien pour montrer le potentiel de garde de chaque vin. Résultat spectaculaire sur le Tavel qui prouve qu'il est vraiment un rosé de garde.

Retrouvez les vins de Domaine de la Mordorée sur notre site www.levindevantsoi.fr

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27 janvier 2014

A Verchant, les Amis ont le vin bio

verchant3En marge du Salon Millésime Bio de Montpellier, le collectif Le vin de mes amis :-) a investi les 26 et 27 janvier le domaine de Verchant à Castelnau-le-Lez. Un rendez-vous incontournable qui en ferait oublier la grand-messe du Parc des Expos. Tout y est : des vignerons de toutes les régions françaises, des champagnes, des spiritueux et même du cidre ! Le tout enchanté par la cuisine bittéroise de l'Octopus. Bref, comme d'habitude, c'est bio et bon.
Nous sommes heureux cette année de commencer notre collaboration avec Thierry Germain (Domaine des Roches neuves), l'étoile montante de la Loire. Vifs, ciselés et gourmands, ses Saumur et Saumur-Champigny de haute volée sont des pépites au grand avenir. Nous leur avons fait une place au Vin Devant Soi. Autre coup de coeur - et confirmation -, l'œuvre chirurgicale de Jean-Dominique Vacheron en Sancerre, qui brille cette année d'une précision horlogère. Mention spéciale à la cuvée des Chambrates, portant le sauvignon à son summum. Nous avons aussi été conquis par l'inventivité de Laurent Cazottes dans ses eaux de vie (prunelle et tomate grandioses) et par les saveurs normandes dans les cidres et poirés de Eric Bordelet.verchant2
On a goûté avec toujours le même bonheur : les beaujolais de Mathieu Lapierre, Christophe Pacalet et Jean Foillard, bios jusqu'à la dernière goutte, les blancs de blanc et de noirs de Vouette et Sorbée, la matière charnue des Minervois de Jean-Baptiste Sénat et bien sûr, l'esprit traditionnel et intransigeant des Rhône de Laurent Charvin. A noter les progrès constants vers la justesse de saveurs de Julien Zernott et Delphine Rousseau du haut de leur Pas de l'Escalette.
Richaud, Hauvette, Breton, Arena, Barthelmé (Albert Mann), Chiquet (Jacquesson), Pico (Pattes-Loup), Grussaute (Camin Larredya), Cortellini (Rouge-Garance) sont aussi de bons vignerons, que nous retrouverons prochainement sur notre route. Merci les amis ;-) !verchant1

 

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21 janvier 2014

Marché aux vins d'Ampuis 2014 : du monde, beaucoup de monde et un millésime 2012 en questions

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86e édition du Marché aux Vins d'Ampuis ce week-end à Ampuis, le fief des Côtes-Rôtie et un succès exponentiel depuis ces cinq dernières années. Pour accueillir au mieux les milliers de visiteurs, le marché ouvre désormais toute la journée de vendredi. Et le lundi, habituellement réservé aux professionnels, est devenu un jour comme les autres, avec son cortège de voitures qui irait presque se jeter dans le Rhône !
Bonne édition, au demeurant, malgré des conditions de dégustation en toute promiscuité. Même si les empilemants de cartons sont moins hauts qu'hier sur les chariots, la syrah fait toujours recette. Les 2011 sont en forme. Les vins sont pleins et fins, avec une jolie complexité. Pas besoin d'attendre 107 ans pour les déguster, ils se révèleront à maturité d'ici 8 ans.
Les 2012, en revanche, posent question. S'ils se révèlent souples et ronds, ils manquent parfois de matière et de richesse. Admettons que leur élevage ne soit pas totalement achevé, certaines bouteilles ont cependant montré des signes de faiblesse notables. Heureusement, quelques vignerons bien intentionnés nous ont présenté des 2012 de belle tenue, nous faisant la promesse du lendemain. Nous pensons à Patrick Jasmin et à une jolie révélation pour nous, le domaine de Stéphane et Sandrine Pichat qui, du haut de leurs quatre hectares, nous annoncent des Côtes-Rôtie remarquables, au jus charnu et gourmand.Comme chaque année, il faut faire des choix de dégustation. Et nous avons particulèrement aimé les cuvées de Stéphane Ogier (ainsi que l'agneau bio servi au domaine !). Nous retrouvons donc en 2014 au Vin Devant Soi les St Jo 2011, Côte Rôtie 2011 et Condrieu Combe de Maleval 2011 pour un juste retour des choses. Même plaisir aussi de rentrer les "Colline de Couzou" et "Rochains" des frères Bonnefond, au mieux de leur forme. Belle dégustation également chez Yves Cuilleron, décidément toujours au sommet. Nous nous sommes focalisés sur les rouges (pas besoin de s'extasier davantage sur les Grandes Chaillées, l'un des plus grands Condrieu) et nous avons craqué sur Les Terres Sombres 2011, magistral Côte Rôtie de grande expression, et son petit frère, le Saint-Joseph Les Serines, modèle de finesse. Sur les Saint-Joseph, justement, le Domaine Coursodon maintient le cap avec un trio Silice-Olivaie-Paradis St Pierre juteux et ample. A noter aussi le Paradis Blanc (cher à Michel B.) qui offre une chair de coing et d'amande pour un repas gastro.
Encore une fois, Stéphane Montez s'est montré un hôte formidable, souriant et patient. Un mot pour tous et une mémoire phénoménale des visages, avec toujours la bouteille qui va bien, sortie de sous le pupitre. Difficile de dissocier quoi que ce soi chez Stéphane, mais la cuvée du Papy et Fortis en 2011 sont en forme. Comme leur auteur.
Pas un marché d'Ampuis sans un stop chez Yves Gangloff, la gentillesse incarnée. Preuve qu'on peut être un vigneron harcelé par ses clients - il n'y a jamais assez de vin chez Yves - et garder le sourire. Avec ses enfants Elsa et Loup, "l'Alsacien" de Condrieu poursuit sa route sans faute, avec des jus d'une grande pureté. On l'aime, Yves. Tout comme Jean-Michel Stéphan, l'accolade en moins mais ce n'est pas l'envie qui manque. Ce petit bonhomme, stoïque derrière ses bouteilles mais la malice qui pointe au bord des lèvres, est un vigneron à part sur cette terre noire et rôtie. Sans bruit, il propose des cuvées sans soufre ou presque, d'un charme fou. Le style d'avenir de Côte Rôtie ?

Bon, on a goûté, comme chaque année, le Côte Rôtie de Jean-Paul Jamet, toujours aussi représentatif du grand vin de Côte-Rôtie. Un jour, c'est sûr, on en aura. Les frères Durand sont à la hauteur de leur terroir sur Cornas et François Villard regrettait que le successeur de Robert Paker notait aussi sévèrement ses cuvées que Dieu le Père. Chez Louis Chèze, difficile de se frayer un chemin jusqu'aux bouteilles. Heureusement, on les connaît, elles sont déjà dans nos rayons au Vin devant Soi.

Et on a aussi passé un bon moment chez Jean-Michel Gerin, pour le tradfitionnel "off" qui réunissait, autour de Jean-Michel, ses amis Combier et Fischer, le trio infernal en profitant pour présenter ses cuvées espagnoles du Priorat.

Alors, comme le veut la tradition, nous terminerons par un tonitruant "Nous reviendrons à Ampuis !"

10 janvier 2014

Dégustation des Champagnes Ruinart au Vin Devant Soi

Ah Ruinart… Rien qu’à l’évocation de ce nom, nos yeux pétillent, nos bouches salivent et nos papilles se dressent au garde à vous, prêtes à recevoir l’offrande d’une mousse légère et richement aromatique.
Ruinart est la première maison de Champagne, née en 1729, sous l’impulsion de Nicolas Ruinart, drapier de son état à Reims. S’il réserve ses premières bouteilles de champagne à ses clients qui lui achètent du tissu, il trouve rapidement bien plus amusant – et plus lucratif - de se consacrer uniquement au champagne. Et pendant deux siècles, la famille développe le négoce et améliore la qualité des vins. Parmi les figures qui ont marqué l’histoire, Dom Ruinart a donné son nom à la plus emblématique cuvée de la maison. Dom Ruinart était moine à St Germain des Prés et de son abbaye lui venait les échos de la vie mondaine et aristocratique. C’est lui qui, persuadé de l’avenir de ce vin mousseux, convainquit son frère et son neveu d’abandonner la draperie pour la bulle.
Aujourd’hui, Ruinart vend chaque année plus de deux millions de bouteilles. Ses vins reposent dans de magnifiques crayères creusées sous les pavés de Reims : 30 mètres de profondeur, trois niveaux et 8 km de galeries. Le site est grandiose, à température et humidité constantes, idéal pour conserver un véritable trésor. Quant aux Champagnes Ruinart, ils se distinguent par une fraîcheur aromatique reconnaissable, avec le Chardonnay en fer de lance, soutenu par la force des pinots dans le plus parfait équilibre.
Nous avons reçu au Vin Devant Soi Maxime Jouet-Pastré, représentant de la maison Ruinart dans notre bonne région, qui nous a joué un joli tour de Champagne avec la dégustation du R de Ruinart, du blanc de blanc, du Rosé et en exclusivité mondiale pour le Vin Devant Soi, de la fameuse cuvée millésimée 2002 Dom Ruinart. Glop !

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17 novembre 2013

La Bastide Saint-Dominique en dégustation au Vin Devant Soi

D'accord, cela remonte à quelques semaines mais voici enfin le compte-rendu de cette succulente dégustation avec Eric Bonnet, le vibrionant vigneron du Domaine de la Bastide Saint-Dominique.

Châteauneuf du Pape est un livre ouvert, rempli d’histoires de famille. On retrouve la trace des Bonnet du côté de Courthézon au 19e siècle. C’est Gérard Bonnet qui, en 1976, crée le domaine, autour d’une ancienne chapelle dominicaine datant du 16e siècle. En 2000, Éric Bonnet, le fils, arrive sur la propriété, un diplôme viti-œno en poche obtenu à Beaune. Tiens, c’est souvent en Bourgogne que les vignerons en herbe vont faire leurs classes, plus rarement dans le Bordelais. Mais quand ils en reviennent et prennent la baguette, ils s’emploient toujours à faire des vins fins et élégants, avec un zeste de dentelle. A l’école du pinot noir, on n’apprend pas à faire du vin pour les costauds. Certains vieux de la vieille pourraient leur en vouloir de bouleverser à ce point la grosse cavalerie castelpapale. Car oui, le Châteauneuf n’est t-il pas un vin tout en nerf, un obus de 16 dans le verre et le parfait compagnon d’un cuissot de sanglier lors des premiers frimas d’automne ?
Cette jeunesse vigneronne, plus en phase avec l’air du temps et le goût des consommateurs, a compris que la société du vin voulait boire et reboire, sans fatigue mais avec expertise. Châteauneuf n’est plus seulement un vin de paysan au sens noble du terme. C’est aussi un vin d’esthète, une main ferme dans son gant de velours. Eric Bonnet suit cette dernière voie, sans esbroufe, mais avec l’assurance de l’escrimeur qui sait sa technique imparable. Le bouc fin taillé et un faux-air gascon, il appâte le chaland l’air de rien avec ses vins de France et ses Côtes du Rhône. Il escarmouche. On goûte, c’est bon, on se souvient des vins de « La Dominique ». Et puis viennent les 3 mousquetaires qui, on le sait maintenant, étaient quatre. Quatre Châteauneuf qui vous font saliver et vous mettent à sa botte.
Eric Bonnet est un malin. Il sait qu’il a sous les pieds un terroir de maître. Et qu’entre ses mains, des raisins bien mûrs qui feront, avec un peu de magie, de grands vins.

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13 juin 2013

Terre Inconnue en dégustation au Vin Devant Soi

Fin mai, nous avons reçu Robert Creus, un vigneron atypique qui, depuis une dizaine d'années, a créé une espèce de mythe autour de lui et de son étiquette, superbe, représentant une ancienne planisphère. Situé dans le Languedoc, à St Cristol, il élabore différentes cuvées dans l'artisanat le plus pur, avec papa et entre copains. Guilhem, Los Abuelos, Leonie ou Sylvie sont des vins que le temps bonifie, transforme, cisèle, comme des pierres précieuses à peine sorties de terre. Bonne soirée, assurément...

" Franchement, c’est facile de faire du vin. On se réveille un beau jour et on dit : "Papa, et si on achetait de la vigne, et si on faisait notre vin, à nous ?" Bon, après, il faut un peu de matériel, quelques cuves, des barriques et surtout des copains sympas qui viennent vous donner un coup de main de temps en temps. On met le raisin en cuve, on attend et puis ça devient du vin. On goûte et puis si c’est bon, on met en bouteille et c’est tout : on a fait son vin. Voilà résumée, très brièvement, l’histoire viticole de Robert Creus. Robert fait partie de ces gens audacieux qui, partant de pas grand-chose, arrivent à quelque chose. Quelque chose qui, plus de quinze ans après la première vendange, aboutit sur de grandes tables gastronomiques et chez les meilleurs cavistes. Même la Chine, dernièrement, s’est passionnée pour les vins de Robert. Pas mal, quand même pour un vin de table. Car Terre Inconnue, c’est uniquement du vin de table, celui dont on remplit le verre des potes. Parce que malgré les commentaires élogieux, malgré les Américains et les Asiatiques, Robert garde les pieds sur terre et reste un innocent du vin. Aux innocents les mains pleines, dit-on… A chaque millésime, l’histoire de ce vigneron à mi-temps recommence comme si c’était la première fois. Aucune cuvée n’est identique d’une année sur l’autre et même après un long sommeil en cave, le vin racontera une nouvelle histoire. Le vin n’est pas une science exacte et Robert, professeur de langues de formation, l’a compris depuis longtemps. On connaissait Monsieur Plus, Robert est plutôt Monsieur « Moins » : Moins de rendements, Moins de traitement, Moins de souffre… mais parfois, beaucoup de risques : a quoi bon faire du vin si c’est pour s’ennuyer ? Robert fait donc des vins qui portent bien leur nom : Terre Inconnue, parce que l’avenir est encore caché et qu’on ne sait pas ce qu’il nous réserve. Mais assurément, il récompense ceux qui sont prêts à vivre toutes les aventures. "

(extrait de la présentation du Domaine terre Inconnue)

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06 mai 2013

L'Homme-Cheval (Château Le Queyroux, Blayais) en dégustation au Vin Devant Soi

Premier vigneron "Girondin" à venir ouvrir ses bouteilles au Vin Devant Soi, dans le cadre de nos dégustations mensuelles, Dominique Léandre-Chevalier, alias l'Homme-Cheval, nous a fait goûter ses vins d'un autre monde bordelais, où la densité de plantation à l'hectare dépasse l'entendement oenologique. Grande soirée au cours de laquelle nous avons écouté un vigneron singulier, qui bouscule nombre d'idées reçues sur le vin.
Dominique est venu à la vigne sur le tard. Compagnon du Tour de France, ce staffeur reprend le domaine familial en 1992, mais à sa manière. Le Château Le Queyroux, dans le Blayais – c’est sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde – compte à l’époque 12 hectares. Il n’en conservera que trois. Son but : faire de la haute couture vigneronne sur 8 terroirs regroupés en 7 parcelles. Et pour cela, il n’hésite pas à planter la vigne à haute densité : jusqu’à 33 333 pieds à l’hectare ! Par comparaison, chez nous, c’est 4 000 pieds à l’hectare… Plus de ceps, moins de grappes, donc des jus plus purs. Décidément, Dominique est un orignal : il plante des vignes de Petit Verdot en cercle, d’après une vieille méthode utilisée avant le phylloxera. Pendant la vendange, chaque grain est trié manuellement, un travail de titan mais dans la bouteille, on ressent le velours d’un vin d’artisan et la personnalité de son auteur. Ses cuvées nous ouvrent les portes d’un monde fascinant, qui nous fait nous interroger sur l’essence même du métier de vigneron.
Une dernière recommandation : ne dites pas à Dominique qu’il est Bordelais : il vous répondra non sans malice qu’il est Girondin. Histoire d’affirmer que sur le plus grand terroir de France, on peut exister en faisant des vins différents, mais des vins dont on se souvient.
La dégustation portait sur :

Blanc de Noir (100% cabernet), Château Le Queyroux (cab et merlot en bouteille bourguignonne), Le Joyau (merlot, cab et p.verdot), M... l'Enchanteur (100 % merlot), C... que du bonheur (cab), 100 % Provocateur (merlot à 10 000 pieds/hect) et l'incroyable comparaison du Petit Verdot plant à 11 111 et 33 333 pieds à l'hectare. Etonnant, non ?

 

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23 avril 2013

De tous bois aux Printemps de Châteauneuf-du-Pape

Les 6 & 7 avril dernier s'est tenu le désormais incontournable salon des vins de Châteauneuf, alias Printemps de Châteauneuf. La fine fleur castelpapale s'était donné rendez-vous dans cette tristounette salle des fêtes - à quand un lieu digne de ce cru ! - pour deux jours de lever de coude ouverts au public. Heureusement, la joie était dans les verres.
On n'a pas tout goûté mais on aurait pû, sur deux jours, ç'eut été vaillant mais possible. On n'a fait aucun atelier (grenache dans tous ses états, la truffe, Châteauneuf et fromages, etc.) et c'eut été sûrement instructif et plaisant. Mais on ne peut pas tout faire, pas tout goûter, pas tout noter et surtout pas tout avaler.
Donc, parmi les terribles du week-end, hormis les chouchous du Vin Devant Soi qui s'en sortent toujours haut la main, on notera cette année sur l'affiche les domaines La Barroche (Signature 2011 et Pure 2010, quoique verrouillée), Les Cailloux (immense cuvée centenaire 2010 - 2000b. seulement - mais à quel prix !), Eddie Ferraud pour un joli 2011, La Biscarelle ce nouveau domaine dont on parle avec la cuvée Les Anglaises et dont on reparlera puisque les vins risquent de quitter le giron de Châteauneuf à cause d'insolubles contraintes administratives et enfin le grand Pegau au top de sa forme sur 2010 (sur le tradition et l'iconique Da Capo).
Allez, on ne résiste pas à citer nos amis Charvin, Saint Préfert, Mont-Olivet, Janasse, Clos du Caillou, Vieux Donjon, Pierre Usseglio, avec deux mentions spéciales pour le Clos St Jean et le domaine Giraud d'un très haut niveau sur 2011. Que viva Châteauneuf !

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22 avril 2013

Peter Fischer du Château Revelette en dégustation au Vin Devant Soi

Encore une belle soirée au Vin devant Soi avec une dégustation dédiée au Château Revelette. Peter Fischer, le maître des paons (allez au domaine, vous comprendrez...), est une figure dans le vignoble sudiste. Cet Allemand a fait ses armes en Californie et a acquis dans les années 1990 ce domaine provençal entre Haut-Var et Aix. Progressivement, il a abandonné ses grosses manières d'Américain pour comprendre ce terroir frais et morcelé de Jouques et le travailler de la façon la plus bio possible.
Régulièrement distingués dans les salons et dégustations à l'aveugle, ses vins ont charmé l'assistance du Vin Devant Soi qui n'a pu élire "le vin de la soirée". Pour les uns, il s'agissait du Grand Blanc 2011, ce pur chardonnay d'une somptueuse élégance, pour d'autres ce fut le grand Rouge, avec sa matière ciselée et une mâche gourmande, pour d'autres ce fut l'étonnant Pur 100 % grenache, d'une fraîcheur et d'une tendreté sans pareils. Bref, Peter et son Château Revelette a fait un carton, la malice du bonhomme n'y étant sûrement pas étrangère...

les vins du Château Revelette ->

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20 mars 2013

Le Domaine du Tunnel en dégustation au Vin Devant Soi

En mars, c'était au tour de Stéphane Robert, du Domaine du Tunnel, de venir faire le show au Vin Devant Soi. Installé depuis près de 20 ans à St Peray, ce toujours jeune vigneron produit des Saint Peray d'une grande pureté (trois cuvées Marsanne, Roussanne et Prestige), des St Joseph et des Cornas charnus et juteux, qui supportent une garde d'une dizaine d'années. A mi-chemin entre une syrah traditionnelle (austère dans la jeunesse, robuste après plusieurs années en cave) et moderne (jus frais et souple qui peut se boire jeune), les Cornas de Stéphane Robert éclatent de fruits (quels 2011 !) mais en gardent sous la pédale pour s'apanouir au bout de quatre à cinq ans. Une dégustation qui nous a permis de remonter le temps avec des 2008 et 2006 apaisés mais encore plein de sève et de vigueur. La palme de la soirée est revenue à la Roussanne 2011 et au Cornas Vin Noir 2011 qui ont impressionné par leur amplitude et leur précision.


Les vins du Domaine du Tunnel sur la boutique =>

 

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28 février 2013

Marc Kreydenweiss en dégustation au Vin Devant Soi

Nous sommes chanceux. Avec la venue, en février dernier, de l'éminent Marc Kreydenweiss au Vin Devant Soi pour une présentation bien amicale, nous avons vécu une nouvelle dégustation qui fera date au Vin Devant Soi. Aptrès avoir dédié la première moitié de sa vie à faire des vins alsaciens, Marc s'est installé à Manduel, près de Nîmes, pour vinifier... du vin rouge. En Costières comme en Châteauneuf (il s'occupe d'une vendange sur le plateau de La Crau !), il a atteint un très haut niveau, faisant de lui maintenant un vigneron accompli.
Et que dire de ses Alsace, tous plus fins, salins et minéraux les uns que les autres ? Militant du bio depuis la première heure, Marc Kreydenweiss applique à toutes ses vignes le même traitement doux et homéopathique qui a fait ses preuves autant au nord qu'au sud du 45e parallèle. Aujourd'hui, son vignoble se défend ardemment contre les attaques de mildiou et d'oidium et son vin, parfois un peu sauvage à l'ouverture, s'épanouit avec une fraîcheur et une tension admirables.

Voici les vins dégustés lors de cette soirée :

Alsace (en vente sur la boutique du Vin Devant Soi/
- Kritt Pinot Blanc 2011
- Andlau Riesling 2011
- Val d’Eléon Riesling-Pinot gris 2010
- Wiebelsberg Riesling Grand Cru 2008
- Vendanges tardives Moenschberg Pinot gris 2005

Rhône
- Costières de Nîmes Perrières 2010
- Costières de Nîmes Ansata 2010
- Châteauneuf-du-Pape 2007

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31 janvier 2013

Marché aux Vins d'Ampuis 2013, la saga continue

En Rhône nord, le millésime 2011 sera gourmand, croquant, gorgé de fruits... mais pas forcément à garder longtemps. Plus évident que 2010, peut-être moins fin, il ravira cependant les impatients et les amateurs de syrah démonstrative. Du côté des blancs, le viognier est très charnu, juteux, avec une matière bien pleine. Attention aux fortes extractions, la douceur climatique a bien mûri les raisins. Marsanne et roussanne gardent un profil classique pour de belles cuvées souples et minérales.

Yves Gangloff reste au sommet de notre hiérarchie. Plus dense qu'à l'accoutumée, son Condrieu emporte tout sur son passage. Gras, profond et teinté de fruits exotiques, c'est une "grosse" bouteille. Ses Côtes-Rôties Barbarine et Sereine Noire, déjà épuisées, sont déjà ouvertes, une primeur à ce stade.

Au rang des révélations, nous retiendrons les deux parcellaires de Jean-Michel Stéphan, Tupin et Bassenon. L'un des rares vignerons d'Ampuis à proposer des cuvées sans soufre réussit une prouesse avec des vins d'une pureté incroyable, présentant un grain d'une douceur incomparable. A déguster dès aujourd'hui...

Enfin, nous retiendrons le Domaine Coursodon qui, à Mauves, produit quelques uns des plus beaux Saint-Joseph. L'Olivaie et le Paradis Saint-Pierre viennent donc d'intégrer la gamme du Vin Devant Soi.

Bonne dégustation !

Marché aux vins d'Ampuis 2013

Au rang des révélations, nous retiendrons les deux parcellaires de Jean-Michel Stéphan, Tupin et Bassenon. L'un des rares vignerons d'Ampuis à proposer des cuvées sans soufre réussit une prouesse avec des vins d'une pureté incroyable, présentant un grain d'une douceur incomparable. A déguster dès aujourd'hui...
Enfin, nous retiendrons le Domaine Coursodon qui, à Mauves, produit quelques uns des plus beaux Saint-Joseph. L'Olivaie et le Paradis Saint-Pierre viennent donc d'intégrer la gamme du Vin Devant Soi.
Bonne dégustation !" />

 

A l’occasion des 20 ans de Millésime bio...

Le vin bio, la boîte de Pandore ?

Le succès du salon annuel Millésime Bio, qui s’est tenu à Montpellier du 28 au 30 janvier dernier, le montre : le vin bio n’est plus un épiphénomène mais une réalité tangible. Mais comme dans tout raz-de-marée, seuls les plus exigeants vont surnager. Au consommateur de garder les idées claires pour faire son choix.

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Il y a vingt ans, l’idée pouvait paraître fantaisiste : organiser un salon uniquement dédié aux vins bio, à ces jus « issus de raisins cultivés en agriculture biologique », c’est-à-dire non traités par produits phytosanitaires. Ne parlons pas des vins « nature », sans sulfites ajoutés et qui sont d’indécrottables lunatiques, capables du meilleur comme du pire. Non, les vins bio s’autorisent quelques rasades de soufre – homéopathiques – à la mise en bouteille, afin de ne pas partir dans l’inconnu.
Depuis une quinzaine d’années, de plus en plus de vignerons se sont ralliés au mouvement, convaincus du bien-fondé de la démarche et surfant sur la tendance du bio à tout va. Aujourd’hui, nous nous retrouvons comme chaque année au Parc des Expositions de Montpellier à naviguer, verre en main, devant 700 producteurs tous estampillés du label AB. Ils sont Français, pour l’essentiel, mais viennent aussi de contrées plus lointaines (des Autrichiens en bio, envie de goûter ?). Pour tout ce petit monde, le bio n’a plus besoin d’être mentionné, tant les décoctions de corne, le purin d’ortie et le calendrier lunaire sont leur pain quotidien.

Sois bio ou ne sois pas 
Pour nous aussi, finalement. Etre bio n’est plus un distinguo mais une évidence. Ce n’est plus une philosophie marginale mais un courant dévastateur. « Sois bio ou ne sois pas ». Si l’on ne peut que se féliciter de retrouver dans son verre un concentré de fruits, de fraîcheur et de souplesse, si les céphalées ont abandonné – ou presque - nos réveils d’après-dîner, si le bio est devenu une bonne excuse pour lever le coude plus souvent, il ne faudrait pas qu’il devienne un argument commercial, justifiant toute hausse de prix inconsidérée. Certes, travailler en bio coûte plus cher que produire en conventionnel. Cette méthode culturale relève de l’artisanat pour les petites exploitations et de la haute couture pour les domaines à gros budget. Mais le bio ne doit pas être un alibi pour vendre plus cher. Ce domaine de Gigondas qui vient de sortir de la coopérative a produit un très bon millésime 2011. Prometteur. Mais à 30 € la bouteille, ce n’est pas tenable pour le marché français. Pourtant, le jeune vigneron ne bougera pas ses prix. L’export (l’Angleterre en tête), a déjà mordu à l’hameçon de ce nouveau cru des Côtes du Rhône bio, alors la pompe est amorcée. Tant pis pour nous, consommateurs français.
Tant qu’il rentre dans un modèle économique viable, le bio est la juste cause. Mais s’il doit s’accompagner d’une politique tarifaire inflationniste, il n’est pas gage d’avenir. Car n’oublions pas qu’être « bio » ne veut forcément dire « bon ». En tant que cavistes, nous sommes bien placés pour l’écrire et les litres de vin bio que nous avons déversés dans l’évier (ça fait toujours mal, croyez-nous) parce qu’ils étaient truffés de défauts rappellent que le travail du bio est un exercice de rigueur permanente. Et qu’il nécessite une part de talent.

Au nord, le bio prend froid
Chez les Champenois, le bio est souvent douloureux. Jean-Hervé Chiquet, de la maison Jacquesson, ne dort pas mieux depuis qu’il déjeune à la bouillie bordelaise. « En réponse à un vigneron de Bandol qui me disait la phrase classique « il n’y a pas de mauvais vins, il n’y a que des mauvais vignerons », je lui rétorquais qu’il était plus facile d’avoir des raisins mûrs au bord de la Méditerranée qu’au nord du 45e parallèle. Alors faire du bio en Champagne est, croyez-moi, un sacerdoce ! ». Des mots qui prennent tout leur sens après le cataclysmique millésime 2012 qui a plombé le nord de la France. On en a entendu des vertes et des vraiment pas mûres. Marcel Lapierre en Beaujolais qui n’a vinifié que 20 % de sa production habituelle ; une année blanche et trempée dans certaines maisons haut-marnaises et alsaciennes. Et partout où l’été fut une farce, des baisses spectaculaires de production qui nécessitent d’avoir un banquier compréhensif. « Ah ça, ne parlez plus du bio à ceux qui avaient décidé de s’y mettre en 2012, s’exclame Fabrice Gasnier, à Chinon. Ils s’en mordent encore les doigts ! »
Mais qui sont ces courageux qui ont choisi la voie du bio ? Au-delà des clichés, on s’amuse encore de voir des vignerons biodynamistes au look baba cool, on pense à Paul Wendel (Côtes de Provence), et Marc Guillemot-Michel (Viré-Clessé) qui, dans leur simple apparat et garnis d’une épaisse barbe grisonnante, auraient pu obtenir un rôle dans Harry Potter ou Le Seigneur des Anneaux. D’excellents vignerons au demeurant. Et puis à la table voisine virevoltent de jeunes vignerons entrepreneurs, une génération tout de bio vêtue qui incarne le présent et l’avenir du vin. Sébastien Vincenti (Domaine de Fondrèche), Adrien Fabre (La Florane), David Reynaud (Les Bruyères) ou Olivier Pithon, pour ne citer que des sudistes, nous bluffent par la beauté de leurs vins et par leur compréhension aigue d’un marché en plein développement. Chez eux, le bio se montre et se prouve par a+b et le résultat explose dans les verres.

Quand l’Europe s’en mêle…
C’est pour cette exigence exercée au quotidien qu’on les entend parfois grincer des dents sur cette vague bio qui se répand partout, notamment dans les rayons des supermarchés. Etre bio relève désormais de la normalité, du plus grand nombre et tant mieux. Attention cependant à ne pas galvauder le label. Veillons à ce que les organismes certificateurs (Ecocert, Terra Vitis pour le bio, Demeter, Biodyvin et autres en biodynamie) ne baissent pas leur garde devant le lobby des industriels du vin qui ont déjà pris le virage du bio. Et soyons encore plus vigilants depuis l’entrée en vigueur, le 1er août 2012, du nouveau label de vin bio, créé par la Commission Européenne, qui répond à la demande des consommateurs qui réclamait du vin totalement bio, à la vigne comme à la cave. La mention « vin biologique » va donc apparaître sur les étiquettes dès le millésime 2012. Ce label inclut des normes sur la vinification : limitation du soufre (100 mg/l pour les rouges, 150 pour les blancs, un taux plus élevé que ce que pratiquent déjà nos avant-gardistes), interdiction d'utiliser de l’acide sorbique, de s’adonner à la cryoconcentration… En revanche, les levures exogènes et aromatisées, la thermovinification jusqu'à 70°C et les copeaux restent autorisés. Tout ce qui nous fait bondir, merci Bruxelles ! Ce label, on le comprend, ne mettra pas tout le monde d’accord. Pour nos amis vignerons des caves particulières, la porte est désormais ouverte aux vins bios industriels. A nous, cavistes et consommateurs de continuer à faire le tri, à visiter les domaines et à goûter. Le palais a toujours raison.

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30 janvier 2013

Que d'Amis à Verchant !

On pourrait passer trois jours à Millésime Bio mais on louperait les Off qui proposent un concentré de bons nectars. A une portée de cep du Parc des Expositions de Montpellier, le domaine de Verchant est devenu le repaire du « Vin de mes amis », un collectif de toute la France, tenu en mains par Charlotte Sénat (Minervois). Seuls les bios étaient cette année conviés mais on s’est encore une fois régalés. En une matinée, impossible de tout goûter alors nous avons tranché et voici notre palmarès :

• Coup de cœur 2013 : Thomas Pico, du Domaine Pattes Loup (Chablis)
Des cuvées d’une pureté exemplaire, complexes et denses à la fois. De la dentelle pour une production malheureusement minuscule.

La confirmation : Julien Zernott et Delphine Rousseau, du Domaine du Pas de l’Escalette (Languedoc)
Enfin ! Nous goûtons chaque année la production du chouchou des médias et nous étions jusqu’à présent restés sur notre faim. Les cuvées dégustées cette année sont pour nous la confirmation de deux fous de vins, avec une mention spéciale pour la cuvée Petits Pas 2012. Bientôt au Vin Devant Soi.

• Prix de la gourmandise : Agnès & Jean Foillard (Morgon et Fleurie)
La Rolls du Beaujolais avec l’inénarrable Morgon Côte de Py 2011, une corbeille de fruits croquants et le stupéfiant Fleurie 2009, tout en vivacité et doté d’une interminable longueur. On adore.

• Prix Spécial : Eric Bordelet, Sydres et Poirés
Ce n’est pas du raisin mais de la pomme et de la poire. Avec Eric Bordelet, on s’abreuve de nectars qui nous font adorer la Chandeleur. Les cidres et poirés sont d’anthologie. Donc rares.

Prix sucré : Jean-Marc Grussaute du Domaine Camin Larredya (Jurançon)
Présent au Vin Devant Soi avec la cuvée Costat Darrèr, ce domaine produit des vins secs (La Virada) et moelleux d’un équilibre parfait. Le gros-manseng dans toute sa splendeur et un vigneron authentique et attachant.

Domaines à suivre : Thierry Germain (Les Roches Neuves, Saumur) et Niklaus et Carolin Bantlin (Les Enfants Sauvages, Côtes Catalanes). Déjà célèbre au-dessus de Lyon, Thierry Germain est dans tous les bons coups. Chez lui, le cabernet franc prend des formes arrondies, pour peu qu’on lui laisse un peu de temps. Les Enfants Sauvages sont une jolie découverte avec une gamme cohérente en rouge et en blanc, coiffée par un terrible muscat aux arômes de poire.

• Les valeurs sûres : Domaine Albert Mann (Alsace), Domaine des Hautes Glaces (Whisky), Champagnes Jacquesson, Domaine Rouge-Garance, Domaine Lapierre (Morgon), Domaine Richaud (Cairanne), Jean-Baptiste Senat (Minervois).

Le Vin de Mes Amis, Verchant 2013

Posté par Levindevantsoi à 17:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Millésime Bio à toute vitesse

Une demi-journée pour un salon comme celui-ci est une hérésie. Nous sommes donc allés à l’essentiel pour goûter les révélations du moment et intégrer éventuellement de nouveaux domaines à notre gamme. Il fallait faire vite, mais nous n’avons pas pu : tant de mains à serrer, tant de vignerons à saluer qui sont heureux de nous (re)faire déguster. Alors voici une sélection non exhaustive de notre Millésime Bio 2013.

Parmi les très belles surprises, trois domaines ont retenu notre attention : La Réméjeanne en Côtes du Rhône, dont la fraîcheur semble être le maître mot. Comme quoi on peut aussi faire de bons vins sur la rive droite du Rhône. Nous connaissions le domaine Clavel à St Gervais. Nous retenons maintenant le Domaine Clavel en Languedoc, à Assas. Depuis une dizaine d’années Pierre et Estelle Clavel tirent partie d’un terroir morcelé autour de Montpellier, à St Christol et en Pic Saint-Loup pour produire de jolies cuvées agréables en bouche, toujours précises et tendues. A retenir en priorité, les cuvées Cascaille 2011 (roussanne et grenache) et Mas 2011 (syrah-grenache-carignan). Enfin, nous voulions depuis longtemps goûter les vins du frère aîné d’Olivier Pithon, ceux de Jo Pithon, associé à son beau fils Joseph. Le Domaine Pithon-Paillé produit des vins dans l’air du temps : frais, peu alcooleux, digestes mais truffés d’arômes. Dans cette Loire angevine, les chenin et cabernet francs régalent les papilles, avec une mention spéciale pour le Coteau des Treilles, explosif d’intensité et les magnifiques Bourgueil Graviers 2010 et Grands Mont 2010, dont on a aimé la souplesse des tannins.

Nous n’oublierons pas de saluer les dégustations réalisées chez nos amis producteurs déjà présents à la carte du Vin Devant Soi : La Tour des Vidaux (Côtes de Provence), St Estève d’Uchaux (Côtes du Rhône), Domaine d’Eole (Coteaux d’Aix), Mas de Libian (Ardèche), Olivier Pithon (Roussillon), La Florane (Visan), Marc Kreydenweiss (Alsace et Costières de Nîmes), Morties (Pic Saint-Loup)…

Millesime bio 2013

Posté par Levindevantsoi à 16:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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