Vinisud est-il utile ?
Après une dixième édition placée sous le signe de la reconquête, aux dires des exposants qui ont noué « de bons contacts », voilà un sujet qui malgré tout fait débat : Vinisud est-il utile ? Cette question mérite d’être posée au regard de plusieurs faits établis autour de ce Salon.
On a vu cette année à Vinisud une recrudescence de manifestations « off » en marge du Salon, tout autour de Montpellier. Le principe ? Des vignerons se réunissent par affinités (on trouve même des producteurs de toute la France), dès le dimanche précédant l’ouverture de Vinisud, dans un domaine ou un restaurant de bonne chère. Là, ils débouchent leurs flacons pour une clientèle choisie et dûment invitée, de l’importateur belge au caviste à la mode, en passant par le sommelier qui monte... Le gros avantage de la formule est la convivialité : le cadre est sympa, la restauration de terroir et on déguste en prenant le temps, loin du brouhaha du Parc des Expositions. Vinum Nostrum, Hors Piste, Melting Potes, ViniFilles en Languedoc pour ne citer qu’eux, c’est du vin en réunion, du vin entre copains. Dans ces rassemblements de privilégiés, l’invité ne peut s’empêcher de trépigner, se demandant s’il a fait le bon choix en répondant présent pour continuer à entretenir son réseau, ne dégustant finalement que quelques rares nouveautés, au lieu de s’offrir « the big tasting » de Vinisud en ingurgitant plus de cent breuvages dans la journée et prendre date pour l’avenir ? Comment dans ces conditions fort douillettes faire son travail de découvreur de talents, loin d’un immense terrain de jeu où pépites et révélations tomberont dans d’autres verres ?
Au cœur de ces événements s’anime une kyrielle de profils borderline : les vignerons sans le sou qui ne peuvent investir dans un stand à Vinisud, ceux qui estiment que l’investissement n’est pas à la hauteur du résultat, ceux qui ont déjà tracé leur route et n’ont pas besoin de Vinisud pour faire marcher la boutique et enfin ceux qui sont partout, dans le In le lundi et dans le Off le mardi et le mercredi.
Toutes ces postures se tiennent... Si Vinisud a véritablement explosé depuis trois éditions, devenant un rendez-vous incontournable du marché du vin en France, à l’instar de Vinexpo à Bordeaux, ce Salon est pour les petits domaines qui peuvent se l’offrir l’endroit où il faut être pour espérer sortir de l’anonymat. À condition de ne pas se retrouver dans un hall trop éloigné de l’entrée et de s’accoquiner avec d’attractifs voisins de stand. On a souvent entendu dans les allées, devant le calme relatif d’un mercredi de fin d’agapes, des vignerons un brin fatalistes lancer des « Vinisud, ça m’emm....e mais il faut y être ».
Maintenant, ne soyons pas dupes : il y aura toujours du monde sur le stand de Pibarnon, Daumas-Gassac ou Mont-Redon, pour ne s’en tenir qu’aux vignerons indépendants. Mais combien de verres remplis par Céline Michelon du tout jeune Mas de Bayle dans ses trois mètres carrés par rapport aux hectolitres déversés pendant trois jours sur le village vigneron de Rhône Vignobles ? Alors, à qui a vraiment profité Vinisud ?
Cette année, avec 30 % de visiteurs étrangers (et une nette proportion de professionnels asiatiques...), les vins de marque comme Foncalieu, Skalli ou Jeanjean ont forcément entrevu de nouvelles perspectives de développement. Taillés pour servir de gros marchés à l’export, ils ont tiré parti du sursaut post-cataclysme économique pour reprendre des positions stratégiques. Sur leurs stands grand large dignes du Mondial de l’Automobile, point de vigneron moustachu habillé en kaki à la mode terroir mais une horde de commerciaux en costume noir raisonnant en nombre de cols. Sur de grands canapés moelleux, on parle plus volontiers d’une Chine déjà bien éveillée au vin que de l’influence des décoctions d’orties sur la feuille d’un carignan. C’est d’abord cela, Vinisud : un Salon professionnel à taille planétaire, où le vin est un produit qui se vend toujours. On aurait parfois tendance à l’oublier avec notre verre de rouge à la main et un morceau de saucisse sèche de l’Ardèche, du côté de Castelnau-le-Lez, un jour off…
Vinisud 2010, c’est...
1 631 exposants européens
1 924 références de vin présentées.
35 000 visiteurs sur trois jours
50 % de l’espace occupé par les producteurs du Languedoc-Roussillon
40 minutes pour quitter le parking en fin de journée L
Commentaires sur Vinisud est-il utile ?
Frankly, I'm not sure what you're trying to say with the post, but it seems you are questioning the utility of Vinisud.
The usefulness of such an event is entirely dependent on the effort and preparation you put into it. If you have a 3 sq m stand and just hope that someone will find it then you will be disappointed. If you have a 300 sqm stand and hope someone interesting will come there you will be disappointed to.
Equally, as a visitor, if you just go there and think that it will be useful to you if you just stroll around the 12 halls and hope to find something interesting to taste, then you're in for a disappointment to.
If you do your homework, and figure out who to go and meet (if you're a visitor), or make sure you send out invitations to the right people to come and visit you (if you exhibit), then it will no doubt be useful.
Most winemakers we spoke to seemed quite happy with it.
Thanks for you comment.
The headline of this post was provocative on purpose, to suggest reactions as you did it. We totally agree with what you wrote and as many people who attended this event, we were happy with the meetings and the wines we had tasted.
We're wine retailers and we went to Vinisud to discover some new wines, not to spend the whole day sharing glasses with the winemakers we consider as friends. This wineshow has to be prepared, as we did. That's the reason why we are happy to say that more than 75 % of the wines we've tasted suited to our palate.
The real pupose of this post was to feed back many comments we've heard during the three days from winemakers who feel themselves too "small" or modest to attract potential new customers... or simply incompetent to communicate towards the right targets in their market. We have to bear in mind that most of our best vignerons are firstly people stuck onto their soil and not really skilled in the art of wine business. The way is so long to reach just a little fame...
Je lis aussi le francais, mais c'est plus facile d'ecrire en anglais, p.e. comme le clavier n'a pas de charcteres fr...
Two more comments:
One of the main attractions of Vinisud is that there are very many small producers. There was one Hall we barely went to and that was the one where all the big guys were...
Other thing: Vinisud doesn't like all the "off" events, since they think they are parasites. I think that is a BIG mistake. The off events contribute a lot to making it worth while for many to go to vinisud so I think it is very good with the off events. The more off events there are the more visitor there will be at Vinisud.
I hope you will get some comments from winemakers on this post too. It would be interesting.
J'adoore le point de Per Karlsson : "If you do your homework it'll work for you"
Même quand on est un "small player" on peut s'y retrouver
L'exemple de l'IGP Cévennes est intéressant à ce titre.
Pour essayer d'avoir un peu plus de visites qu'attendues sur le stand : on avait préparé avec eux une fan page sur Facebook et travailler avec Barbara Martin, Philippe Nusswitz (Orenia Wines), Christel Guiraud (Domaines des Loubatières) pourqu'ils publient des infos intéressantes
Pas une opé de buzz marketing pour faire style genre mais une simple démarche de communication de circonstance s'appuyant sur Facebook et Twitter
Je crois qu'ils ont tous été ravis des rencontres qu'ils ont pu faire
Tu peux voir sur leur page http://facebook.com/cevenneswines quelques compte-rendus et vidéo
Et il y a beaucoup de contacts qu'ils prolongent sur Facebook
Car il faut faire le homework avant et après aussi![]()
J'ai ete a un certains nombres de tastings a NY les deux mois passes.
Avec les grands evenements, par example au Gambero Rosso 'Tre Bicchieri' ou Vino 2010 et plus recemment 'Drink Ribera, Drink Spain' ou meme parfois les 'portfolio tastings' le probleme c'est qu'on est face a des centaines, parfois un millier de vins differents.
C'est impossible de tout gouter.
J'ai appris plus lors des mini sessions a Vino 2010 ou les dinners le soir.
J'aimerais de temps a temps m'assoir avec un producteur ou un distributeur/importateur pour une degustation plus intime.
Recevoir des echantillons et avoir le temps de vraiment gouter un vin avec et sans nourriture, juste ouvert et plus tard semble plus logique.
My 2 cents
Serge
'The French Guy from New Jersey'
http://www.sergetheconcierge.com
Facebook: sergetheconcierge
On en revient à ces barnums du vin où l'on peut déguster des milliers de vins. Comme le disait Per Karlsson dans un post précédent, l'important est de bien préparer son Salon, en établissant une liste de domaines que l'on veut goûter... et de s'y tenir ! Car nombre de digressions nous attendent au détour des stands, de la simple poignée de main à la dégustation complète du dernier millésime du vigneron-copain qui insiste alors que l'on pourrait le déguster plus tard, pas loin de la maison.
Mais ne nous plaignons pas car abondance de biens ne nuit pas. Comme le disait Bacchus qui s'y connaissant en liquides, on a plus de chance de trouver la perle rare dans un océan de coquilles que dans un bigorneau...
j'adoooooooooooooooooore cette citation. je vais la tatouer sur la home page de wineeverybody.com![]()
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