Belle soirée avec Thierry Faravel du Domaine de la Bouïssière pour une dégustation consacrée à Gigondas et ses voisins.
Franchement, cela fait du bien d’aller prendre l’air à Gigondas. Gigondas, c’est par là. Voyez les Dentelles de Montmirail, cette crête ciselée comme les dents d’un géant, eh bien le village est blotti là, au pied des falaises. Montez jusqu’au Rocher du Midi et un panorama à 360 ° s’offrira à vous, avec le Mont Ventoux en point de mire. C’est à Gigondas qu’Antonin Faravel a planté ses premières vignes dans les années 50, au frais sur les hauteurs du lieu-dit Beauregard. Parallèlement, il travaille pour la maison Amadieu dont il devient le chef de culture. On dit de lui qu’il fut l’un des premiers à comprendre le terroir de Gigondas, et il ne serait pas pour rien dans la promotion de l’appellation au rang de cru en 1971. Antonin construit sa cave et met en bouteille ses premiers vins en 1979. Il vient de réaliser son rêve et peut transmettre son œuvre à ses fils Gilles et Thierry. Si Gilles fait la vigne, Thierry fait le vin. En cave, c’est lui le métronome, l’homme qui colle son oreille sur les cuves pour entendre chanter les raisins. La force de ce duo est sa remise en question permanente. Car le vin, il y a 36 manières de le faire, mais pourvu qu’il soit bon. Dans les années 90, la mode était aux vins puissants et boisés. Alors on malaxait la vendange pour prendre de la matière et on usait et abusait de bois neuf pour donner ce goût prononcé de vanille. Les années 2000 consacrent le retour du fruit dans le verre. On marque moins les vins avec le bois et on égrappe pour affiner les tanins. À partir de 2010, le « bio » donne sa couleur aux vins, on garde les rafles bien mûres, les barriques assouplissent les vins issus d’une agriculture responsable et sans chimie. Et dans la cave, le vigneron laisse le jus infuser doucement, pour que s’expriment les qualités et l’équilibre naturels des raisins. Ainsi travaillent les Faravel au Domaine de la Bouissière, toujours en mouvement, en quête de l’air du temps et du meilleur de la terre. Bien assis sur Gigondas, ils ont étendu leur vignes sur Vacqueyras et Beaumes de Venise, histoire de garder la tête dans le cru.

Dans les verres, nous avons apprécié le Vin de Mes Amis 2014 (avec une pointe de merlot), le Beaumes de Venise 2012 (premier du nom pour le domaine qui révèle une matière soyeuse), le Vacqueyras et le Gigondas tradition 2013, les valeurs sûres de la maison. Thierry nous aégalement gratifié de deux bouteilles sorties de sa cave : le Gigondas 2005 qui pointe enfin le bout de son nez sur des notes intenses de sous-bois et de cacao et la grande cuvée, le Gigondas La Font de Tonin 2000, en hommage au papa. Grande bouteille à maturité qui nous rappelle que le vin doit vieillir et que l'on ouvre nos bouteilles souvent trop tôt.

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