Reprise des dégustations au Vin devant Soi avec une soirée consacrée aux Vins d'Emmanuel Reynaud (Château des Tours, Château de Fonsalette et le mythe Château Rayas).
Trente privilégiés ont pu déguster ça :
Rosé Parisy, Domaine des Tours 2011, Château des Tours 2011, Vacqueyras 2008, Vin de Pays Merlot 2007, CDR Pialade 2010, CDR Fonsalette 2004, Châteauneuf-du-Pape Pignan 2004 et Châteauneuf-du-Pape Rayas 2004.

IMG_6086

 

Emmanuel Reynaud est un personnage. Un caractère. Un vigneron. Brut de décuvage, sans concession. Qui n’est pas là pour plaire ou faire plaisir. Le patron, c’est lui et inutile de rivaliser, vous serez perdant. Son plus gros atout : son vin, son trésor. Alors si vous voulez y avoir accès, autant être dans ses petits-papiers. Voilà, c’est comme ça. C’est lui qui décide.

Emmanuel Reynaud a des idées bien arrêtés. Il vous les exposera bien volontiers et vous pourrez donner votre avis, à vos risques et périls, mais il ne changera pas d’avis. Il a bâti sa réputation sur une montagne de certitudes : il n’aime pas le mourvèdre et la roussanne qu’il n’estime pas à leur place à Châteauneuf-du-Pape, alors que ses voisins en font des cuvées emblématiques. Lui, c’est un amoureux fou du grenache. Rayas, c’est du grenache à 2 000 %. Et à propos de ceux qui disent que le grenache est un cépage oxydatif, difficile à maîtriser, il répond : Ils n’ont rien compris, ils ne le cultivent pas correctement.
Avec la disparition de son oncle Jacques, ils étaient nombreux à dire que Rayas était mort avec son vigneron. Emmanuel, propulsé subitement à la tête des trois domaines, s’est montré à la hauteur. Contre toute attente. Il a commencé par remettre en état un vignoble vieillissant et restructuré les propriétés. Aujourd’hui, on lui reconnait du talent et il avoue profiter un peu de son aura. Il fait ce qu’il veut et il ne craint pas d’éconduire un client qui la ramène un peu trop.
Que boit-il ? Ses vins, bien sûr. Il fuit les vins boisés, il aime la finesse et le soyeux, les Bourgognes par exemple.
Sa devise : on est français, on doit boire français ! La preuve : Avant, il expédiait 30 palettes au Etats-Unis, il n’y en aura que 5 cette année pour privilégier le marché français.
Voilà pour M. Reynaud, qui, malgré le succès - il a été élu vigneron de l’année 2014 par la RVF -, reste un homme humble, discret, loyal et fidèle, un vigneron qui fait du vin comme il l’entend : sans concession.

IMG_6090

IMG_6093

IMG_6094